CALL FOR PAPERS “Bestiaires modernistes et avant-gardistes. Survivances du bestiaire médiéval latin et roman dans la littérature et les arts européens du XXe siècle”
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Appel à contributions
CoSMo: Comparative Studies in Modernism (parution prévue en juin 2027)
BESTIAIRES MODERNISTES ET AVANT-GARDISTES.
Survivances du bestiaire médiéval latin et roman dans la littérature et les arts européens du XXe siècle
Sous la direction de Benjamin Loy (Ludwig Maximilians Universität München)
Francesca Quey (Université de Turin)
Anne Simon (Centre national de la recherche scientifique, École Normale Supérieure-PSL)
Les résumés, d’un maximum de 1 500 caractères, ainsi qu’une courte notice biographique devront être envoyés avant le 15 décembre 2026 à l’adresse de la rédaction : centrostudiartimodernita@gmail.com. La réponse concernant l’éventuelle acceptation sera communiquée avant le 15 janvier 2027. Les contributions, d’un maximum de 30 000 caractères, devront parvenir à la rédaction avant le 15 avril 2027. Les contributions pourront être soumises dans les langues suivantes : français, italien, anglais.

Max Ernst, Les Éclairs au-dessous de quatorze ans (Histoire Naturelle, Paris, 1926)
Dans l’histoire littéraire médiévale, le bestiaire désigne généralement une œuvre qui décrit les caractéristiques réelles ou imaginaires de différents animaux, dans le but de transmettre des enseignements moraux et religieux (Zambon, 2018 ; Pastoureau, 2024). Loin d’être confiné au Moyen Âge ou d’être progressivement remplacé par les savoirs naturalistes modernes, le bestiaire connaît au cours des siècles des transformations et des réappropriations continues. Chaque époque semble en effet élaborer ses propres bestiaires, non seulement dans la dimension narrative et poétique, comme « forme littéraire centrée sur les animaux » (Biagini 2001, 13), mais aussi dans une acception plus large de recueil d’animaux qui comprend la peinture, la sculpture, le cinéma et, plus généralement, les arts.
Le numéro de CoSMo Bestiaires modernistes et avant-gardistes entend étudier les formes de survivance, de transformation et de réappropriation du bestiaire médiéval dans la littérature et les arts européens du XXe siècle, avec une attention particulière portée aux avant-gardes et aux modernismes. L’objectif est d’interroger la persistance du modèle du bestiaire médiéval au-delà de sa forme traditionnelle : quelles structures, quels principes, quelles pratiques et quels imaginaires médiévaux sont repris, déformés, fragmentés ou subvertis par les écrivains et les artistes du XXe siècle ? Le bestiaire moderne ne constitue en effet ni une simple reprise du modèle médiéval, ni une version sécularisée de celui-ci. Il semble plutôt réactiver un modèle de connaissance et d’organisation de la réalité, un dispositif cosmologique et mental fondé sur la relation entre formes de vie, analogies, classifications et correspondances (Zambon, 2018 ; Deschamps, Roy, 1974). Dans les œuvres des avant-gardes et des modernismes, ce dispositif est toutefois soumis à une transformation radicale (Frémond, 2025 ; Mathews, Kay, 2020). La structure organique, classificatoire et didactique du traité médiéval laisse place à des formes dispersées, hybrides, polymorphes et souvent inclassables. Le bestiaire traverse la poésie et le récit, mais aussi les manifestes, les revues, les écritures collectives, les livres d’artiste, la peinture, la sculpture et le cinéma. À quelques exceptions près, le terme même de « bestiaire » n’apparaît pas nécessairement dans les œuvres. Ce qui survit, ce sont plutôt des traces, des structures, des procédés et des images, qui sont resémantisés à l’intérieur de nouveaux régimes esthétiques, épistémologiques et politiques. Le lexique médiéval peut ainsi laisser place à des notions telles que microcosme, ménagerie, vivarium ou cirque, indiquant non pas tant la disparition du bestiaire que sa profonde reconfiguration.
L’émergence du bestiaire moderne s’inscrit dans le contexte des profondes transformations historiques et culturelles qui caractérisent le « court XXe siècle » (Hobsbawm, 1994) : la montée des fascismes européens, les deux guerres mondiales, les tensions sociales et politiques, la transformation des langages et l’émergence des avant-gardes littéraires et artistiques (Asor Rosa, 2004). Dans ce contexte, le bestiaire est bouleversé, diversifié et réinventé. Les œuvres sont peuplées d’animaux réels et imaginaires, d’êtres hybrides, de créatures tératomorphes et de formes de vie difficilement classifiables. Se constituent ainsi des bestiaires d’auteur et des bestiaires collectifs, liés tant aux imaginaires individuels qu’aux poétiques partagées des mouvements artistiques et littéraires. Le numéro propose de considérer le bestiaire non comme une simple compilation de figures animales, mais comme l’une des catégories et des méthodes littéraires et artistiques expérimentales à travers lesquelles les avant-gardes et les modernismes élaborent leurs propres réponses aux crises du XXe siècle. Le bestiaire peut être compris, dans cette perspective, comme un intercepteur de crises : un espace dans lequel convergent et sont réélaborées des tensions politiques, sociales, esthétiques, philosophiques et épistémologiques. La présence animale permet en effet de remettre en question les hiérarchies entre les espèces, la centralité de l’humain et les frontières entre l’humain et le non-humain. Le bestiaire moderne participe ainsi à la crise de l’anthropocentrisme et peut être lu en relation avec la remise en question politique des identités.
L’une des interrogations centrales du numéro concerne le rapport entre bestiaire et expérimentation formelle. La transformation de l’imaginaire animal semble en effet s’accompagner d’une transformation de la structure même de l’œuvre et du langage. L’intégration de formes de vie non humaines peut entraîner une reconfiguration de la syntaxe, du lexique, de la morphologie textuelle, dans la tentative de donner forme à ce qui excède les catégories traditionnelles du langage humain (Simon, 2021). La question du bestiaire devient donc également une question de poétique et de style : de quelle manière la présence de l’animal modifie-t-elle les formes du texte ? Peut-il exister un bestiaire non seulement représenté, mais inscrit dans la syntaxe, le rythme et la matérialité même de l’écriture ? De manière analogue, dans les arts visuels, la prolifération d’animaux et de créatures hybrides contribue à la construction de nouveaux régimes du regard (collages, livres d’artiste, etc.).
Le numéro entend en outre interroger le bestiaire dans sa dimension épistémologique. Plus qu’un simple répertoire d’animaux, il peut être considéré comme une forme d’organisation du savoir. Analogie, classification, correspondance, nomination et interprétation symbolique constituent certains des principes à travers lesquels le bestiaire médiéval organisait le rapport entre monde naturel, langage et savoir. Les avant-gardes et les modernismes peuvent avoir repris ces principes en les transformant en instruments d’expérimentation et de subversion. Une attention particulière pourra donc être accordée à la réception d’auteurs, d’artistes et de traditions médiévales mobilisés par les avant-gardes comme ressources de renouvellement esthétique et conceptuel : d’Uccello à Bosch, de Flamel à Maître Eckhart, ainsi qu’aux bibliothèques personnelles, aux matériaux de lecture, aux citations et aux pratiques de réception à travers lesquels le Moyen Âge est réinventé par la modernité.
Une attention particulière pourra également être portée aux œuvres d’écrivaines et d’artistes qui utilisent des figures humano-animales, des métamorphoses et des hybridations pour remettre en question les modèles traditionnels de la féminité. Les œuvres de Leonora Carrington, Claude Cahun, et Unica Zürn, entre autres, montrent comment l’animalité peut devenir un instrument de contestation des rôles de genre et des dispositifs de disciplinarisation du corps. La créature hybride, le corps métamorphique et l’interaction avec l’animal permettent d’imaginer des subjectivités et des corporéités alternatives, mettant en crise les catégories identitaires établies.
Les contributions pourront aborder le thème selon des perspectives littéraires, artistiques, comparatistes, historiques et interdisciplinaires. Les axes proposés ne sont pas exhaustifs.
― Survivance et resémantisation du bestiaire médiéval : persistances de la tradition médiévale latine et romane dans les avant-gardes et les modernismes ; reprise d’auteurs, de textes et d’images médiévaux.
― Le bestiaire comme stratégie expérimentale créative : bestiaire et programmes des avant-gardes ; bestiaires d’auteur et bestiaires collectifs ; bestiaire comme dispositif de provocation esthétique, politique et idéologique.
― Répertoires animaux et fonctions critiques : espèces récurrentes et répertoires faunistiques ; animaux réels et imaginaires ; métamorphose et hybridation ; crise de l’anthropocentrisme ; critique du spécisme ; animalité et classes sociales ; post-colonialisme.
― Bestiaire, genre et corporéité : bestiaires féminins ; figures humano-animales et déconstruction des rôles de genre ; animalité et nouvelles subjectivités.
― Iconographie et esthétique : iconographies animales entre Moyen Âge et modernité ; survivances et reprises médiévales dans les arts du XXe siècle ; arts décoratifs, design, mode, artisanats, collages, livres d’artistes ; cinéma, arts de la scène (music-hall, cirque…) et imaginaires animaux ; fantastique, grotesque, satire.
― Bestiaires syntaxiques et expérimentation linguistique : animalisation de l’écriture ; lexique, néologismes et nomination ; morphologie textuelle ; zoopoétique et stylistique.
― Bestiaire moderne comme modèle épistémologique : organisation du savoir ; métamorphose, migration, mimétisme et hybridation ; nouveaux régimes de la connaissance.
― Bestiaire et crise : bestiaire et fascismes ; faune de la guerre et de la catastrophe ; bête et monstre dans l’imaginaire politique au XXe siècle.
Bibliographie indicative
Adorno, T., Théorie esthétique, Paris, Klincksieck, coll. « esthétique », 2éme édition, 2001.
Agamben, G., L’aperto. L’uomo e l’animale, Torino, Bollati Boringhieri, 2002.
Angenot, M., La Parole pamphlétaire, Paris, Payot, 1982.
Aragon, L., Les Collages, Paris, Hermann, 1965.
Bailly, J.-C., L’Élargissement du poème, Paris, Christian Bourgois, 2015.
― Le versant animal, Paris, Bayard, 2007.
Baltrušaitis, J., Il Medioevo fantastico. Antichità ed esotismo nell’arte gotica, Milano, Adelphi, 1973.
Baratay, E., Biographies animales. Des vies retrouvées, Paris, Seuil, 2017.
Bartholeyns, G., Dittmar, P-O., Jolivet, V., Image et transgression au Moyen Age, Paris, PUF, 2008.
Baschet, J., L’Iconographie médiévale, Paris, Gallimard, 2008.
Benhaïm, A., Simon, A. (dir)., « Zoopoétique. Des animaux en littérature moderne de langue française », Revue des Sciences humaines, décembre 2017.
Benhaïm, A., Rentzou, E. (dir.), 1913: The year of French modernism, Manchester University Press, 2013.
Bertrand, D., Marrone, G. (dir.), La sfera umanimale. Valori, racconti, rivendicazioni, Roma, Meltemi, 2019.
Biagini, E., Nozzoli, A. (dir.), Bestiari del novecento, Milano, Bulzoni, 2001.
Bretet, C., Pozzuoli, A., Le Bestiaire des écrivains, Paris, Les Belles Lettres, 2001.
Calarco, M. Zoographies. The question of the animal from Heidegger to Derrida, New York, Columbia University Press, 2008.
Correard, N., Simon, A. (dir.), Littérature et Zoomorphie satirique (XVIe-XXIe siècles), Fabula/Les colloques, 2025, https://doi.org/10.58282/colloques.14032
Curtius E.R., Letteratura europea e Medio Evo latino, Macerata, Quodlibet, 2022.
David, W., Deformed discourse. The function of the monster in medieval thought and literature, Montréal, University Of Exeter Press, 1999.
Deguy, M., L’Envergure des comparses. Écologie et poétique, Paris, Hermann Éditeurs, 2017.
Didi-Huberman, G., Atlas ou le gai savoir inquiet. L’œil de l’histoire 3, Paris, Minuit, 2011.
Dittmar, P.-O., L’Invention de l’animal, Paris, Gallimard, 2026.
Donovan, J., Adams, C. J. (dir.), The feminist care tradition on animal ethics: a reader, New York, Columbia Up, 2007.
Foucault, M., Les Mots et les choses. Une archéologie des sciences humaines, Gallimard, 1966.
Frémond, É., Le Surréalisme au grand air, t. I Écrire la nature, Paris, Classiques Garnier, 2016.
Frémond, É., Le Surréalisme au grand air, t. II Penser la nature, Paris, Classiques Garnier, 2023
Frémond, É., (dir.) Espèces en voie d’apparition. Bestiaires imaginaires et encyclopédies fictives, Fabula/Les colloques, 2025, https://doi.org/10.58282/colloques.15178
Grossman, E., La Créativité de la crise, Paris, Minuit, 2020.
Hajek, I., Hamman, P., Chone, A. (éds.), Rethinking nature. Challenging disciplinary boundaries, London, Routledge, 2017.
Haraway, D., Primate visions: gender, race, and nature in the world of modern science, London, Routledge, 1989.
Huchet, S., Le Tableau du monde. Une théorie de l’art des années vingt, Paris, L’harmattan, 1999.
Karadimis, D. « Animaux imaginaires et êtres composites », in Descola, P., (dir.), La fabrique des images. Visions du monde et formes de la représentation, Somogy Éd. D’art/ Musée Du Quai Branly, 2010.
Kay, S., Animal skins and the reading self in medieval latin and french bestiaries, Chicago, University of Chicago Press, 2017.
Kay, S., Mathews, T. (eds.), The Modernist Bestiary. Translating Animals and the Arts through Guillaume Apollinaire, Raoul Dufy and Graham Sutherland, London, UCL Press, 2020.
Klingender, F. D., Animals in art and thought to the end of the Middle Ages, Cambridge, Mit Press, 1971.
Maciel, M.-E. O animal escrito: Um olhar sobre a zooliteratura contemporânea, São Paulo, Lumme Editor, 2008.
Maillard-Chary, C. « Le sentiment de la nature chez les surréalistes », L’Homme et la Société, n°91-92, 1989.
Marchal, H., (dir.), Muses et Ptérodactyles. La poésie de la science de Chénier à Rimbaud, Paris, Seuil, 2013.
Mccracken, S., A. Goody, A. (Eds.), Animal in modernist literature and culture, Edinburgh University Press, 2023.
Mengozzi, C. (dir.), Outside the anthropological machine: crossing the human-animal divide and other exit strategies, London-New-York, Routledge, 2020.
Milcent-Lawson, S., « Zoographies – Traitements linguistique et stylistique du point de vue animal en régime fictionnel », in Benhaïm, A. et Simon, A. dir., Revue des Sciences humaines, « Zoopoétique », no 328, décembre 2017, p. 91-106.
Moe Aaron, M. Zoopoetics: animals and the making of poetry, Lanham, Maryland, Lexington Books, 2014.
Monnin, F. Le Collage. Art du vingtième siècle, Paris, Éditions Fleurus, 1993.
Nova, N. Persistance du merveilleux. Le petit peuple de nos machines, Premier Parallèle, 2024.
Pastoureau M., Histoire symbolique du Moyen Age occidental, Paris, Seuil, 2004.
Penot-Lacassagne, O. (dir.), « Ruptures écocritiques à l’avant-garde », Elfe XX-XXI, n°11, 2022.
Picard, N. Le Grimoire animal. La vie des bêtes dans la littérature française (1896-1939), préface d’A. Simon, Paris, Honoré Champion, à paraître en 2027.
Quintyn, O. Dispositifs/Dislocations, Paris, Al Dante/Questions Théoriques, 2007.
Rentzou, E. « The Minotaur’s Revolution: On Animals and Politics », in Mairesse A., et Simon, A. dir., L’Esprit Créateur, Vol. 51, n° 4, « Facing Animals / Face aux bêtes », 2011, p. 58-72.
Rodari, F. Le Collage : papiers collé, papiers déchirés, papier découpés, Genève, Skira, 1988.
Schapiro, M. Romanesque architectural sculpture. The Charles Eliot Norton lecture, Chicago, University Of Chicago Press, 2006.
Schoentjes, P. Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Wildproject, 2015.
Serres, M. Le Contrat naturel, Paris, François Bourin, 1990.
Simon, A. Une bête entre les lignes. Essai de zoopoétique, [2021], Paris, Gallimard, rééd. 2027.
Simon, A. (dir.), « 2014-2024, une décennie de zoopoétique. Perspectives en littérature de langue française (XXe-XXIe) », Caief, 2025.
Souriau, É. Les Différents modes d’existence, Paris, PUF, Coll. « Métaphysiques », 2014.
Spies, W. Max Ernst. Les Collages. Inventaire et contradictions, Paris, Gallimard, 1984.
Vago, D. Le Tissage du vivant. Écrire l’empathie avec la nature (Pergaud, Colette, Genevoix, Giono), préface d’A. Simon, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2023.
Warburg, A. Atlas mnémosyne, avec une présentation de Roland Recht, Paris, L’écarquillé, 2019.
Zink, M. Nature et poésie au Moyen Age, Paris, Fayard, 2009.
Modernist and Avant-Garde Bestiaries
Survivals of the Latin and Romance Medieval Bestiary in European Literature and the Arts of the Twentieth Century
Edited by Benjamin Loy (Ludwig Maximilians Universität München)
Francesca Quey (University of Turin)
Anne Simon (Centre national de la recherche scientifique, École Normale Supérieure-PSL)
Call for Papers
CoSMo: Comparative Studies in Modernism (forthcoming June 2027)
Abstracts of no more than 1,500 characters, together with a brief biographical note, should be sent by 15 December 2026 to the editorial office at: centrostudiartimodernita@gmail.com. Notification of acceptance will be sent by 15 January 2027. Contributions of no more than 30,000 characters should be submitted to the editorial office by 15 April 2027. Contributions may be submitted in the following languages: French, Italian, English.
In medieval literary history, the bestiary generally refers to a work describing the real or imaginary characteristics of different animals, with the aim of conveying moral and religious teachings (Zambon, 2018; Pastoureau, 2024). Far from being confined to the Middle Ages or gradually superseded by modern natural-historical knowledge, the bestiary has undergone continuous transformations and processes of reappropriation throughout the centuries. Indeed, each period appears to develop its own bestiaries, not only in the narrative and poetic sense, as a “literary form centred on animals” (Biagini 2001, 13), but also in a broader sense, as collections or repertoires of animals encompassing painting, sculpture, cinema, and the arts more generally. The CoSMo issue Modernist and Avant-Garde Bestiaries aims to investigate the forms of survival, transformation, and reappropriation of the medieval bestiary in twentieth-century European literature and the arts, with particular attention to the avant-gardes and modernisms. Its aim is to examine the persistence of the medieval bestiary model beyond its traditional form: which medieval structures, principles, practices, and imaginaries were appropriated, distorted, fragmented, or subverted by twentieth-century writers and artists?
The modern bestiary is neither a simple revival of the medieval model nor a secularized version of it. Rather, it appears to reactivate a model for apprehending and organizing reality, a cosmological and mental apparatus founded on the relationship between forms of life, analogies, classifications, and correspondences (Zambon, 2018; Deschamps and Roy, 1974). In the works of the avant-gardes and modernisms, however, this apparatus undergoes a radical transformation (Frémond, 2025; Mathews, Kay, 2020). The organic, classificatory, and didactic structure of the medieval treatise gives way to forms that are dispersed, hybrid, polymorphous, and often resistant to classification. The bestiary traverses poetry and narrative, but also manifestos, journals, collective writing, artists’ books, painting, sculpture, and cinema. With a few exceptions, the term “bestiary” itself need not appear in the works under consideration. What survives instead are traces, structures, procedures, and images that are resemanticized within new aesthetic, epistemological, and political regimes. The medieval lexicon may thus give way to notions such as microcosm, menagerie, vivarium, or circus, indicating not so much the disappearance of the bestiary as its profound reconfiguration.
The emergence of the modern bestiary must be situated within the context of the profound historical and cultural transformations that characterize the “short twentieth century” (Hobsbawm, 1994): the rise of European fascisms, the two World Wars, social and political tensions, transformations in language, and the emergence of literary and artistic avant-gardes (Asor Rosa, 2004). Within this context, the bestiary is disrupted, diversified, and reinvented. Works become populated by real and imaginary animals, hybrid beings, teratomorphic creatures, and forms of life that are difficult to classify. Authorial and collective bestiaries thus emerge, connected both to individual imaginaries and to the shared poetics of artistic and literary movements. This special issue proposes to consider the bestiary not as a mere compilation of animal figures, but as one of the experimental literary and artistic categories and methods through which the avant-gardes and modernisms formulate their own responses to the crises of the twentieth century. The bestiary can be understood, from this perspective, as an interceptor of crises: a space in which political, social, aesthetic, philosophical and epistemological tensions converge and are reworked. The presence of animals makes it possible to challenge hierarchies among species, the centrality of the human, and the boundaries between human and non-human. The modern bestiary thus participates in the crisis of anthropocentrism and may be read in relation to the political questioning of identity.
One of the central questions of the issue concerns the relationship between bestiary and formal experimentation. The transformation of the animal imaginary indeed seems to be accompanied by a transformation of the very structure of the work and of language. The integration of non-human forms of life can entail a reconfiguration of syntax, lexicon, rhythm and textual morphology, to give form to that which exceeds the traditional categories of human language (Simon, 2021). The question of the bestiary therefore also becomes a question of poetics and style: in what way does the presence of the animal modify the forms of the text? Can there be a bestiary that is not only represented, but inscribed in the syntax, rhythm and very materiality of writing? Similarly, in the visual arts, the proliferation of animals and hybrid creatures contributes to the construction of new regimes of vision (collage, artist’s book, etc.).
The issue also aims to question the bestiary in its epistemological dimension. More than a simple repertoire of animals, it can be considered as a form of organization of knowledge. Analogy, classification, correspondence, nomination and symbolic interpretation constitute some of the principles through which the medieval bestiary organized the relationship between the natural world, language and knowledge. The avant-gardes and modernisms may have taken up these principles by transforming them into instruments of experimentation and subversion. Particular attention may therefore be paid to the reception of medieval authors, artists and traditions mobilized by the avant-gardes as resources for aesthetic and conceptual renewal: from Uccello to Bosch, from Flamel to Meister Eckhart, as well as to personal libraries, reading materials, quotations and reception practices through which the Middle Ages are reinvented by modernity.
Attention may also be paid to the works of women writers and artists who use human-animal figures, metamorphoses and hybridizations to challenge traditional models of femininity. The works of Leonora Carrington, Claude Cahun, and Unica Zürn, among others, show how animality can become an instrument for contesting gender roles and the mechanisms of disciplining the body. The hybrid creature, the metamorphic body and interaction with the animal make it possible to imagine alternative subjectivities and corporealities, putting established identity categories into crisis. The bestiary can thus be configured as an experimental laboratory in which hybridization between human and animal opens new possibilities of existence and relationship.
Contributions may approach the topic from literary, artistic, comparative, historical and interdisciplinary perspectives. The proposed axes are not exhaustive.
— Survival and Resemanticisation of the Medieval Bestiary: persistence of the medieval Latin and Romance medieval traditions in the avant-gardes and modernisms; reappropriation of medieval authors, texts and images.
— The Bestiary as an Experimental Creative Strategy: bestiaries and avant-garde programmes; authorial and collective bestiaries; the bestiary as a device for aesthetic, political, and ideological provocation.
— Animal Repertoires and Critical Functions: recurrent species and faunal repertoires; real and imaginary animals; metamorphosis and hybridisation; animality and the crisis of anthropocentrism; critiques of speciesism; animality and social class; postcolonial approaches.
— Bestiary, Gender, and Embodiment: feminist bestiaries; human-animal figures and the deconstruction of gender roles; animality and new forms of subjectivities.
— Iconography and Aesthetics: animal iconographies between the Middle Ages and modernity; medieval survivals and reappropriations in twentieth-century art; decorative arts, design, fashion, crafts, collages, artists’ books; cinema, performing arts (music hall, circus, etc.) and animal imaginaries; the fantastic, the grotesque and satire.
— Syntactic Bestiaries and Linguistic Experimentation: animalisation of writing; vocabulary, neologisms, and naming; textual morphology; zoopoetics and stylistics.
— The Modern Bestiary as an Epistemological Model: organisation of knowledge; metamorphosis, migration, mimicry, and hybridization; new regimes of knowledge.
— Bestiary and Crisis: bestiaries and fascisms; the fauna of war and catastrophe; beasts and monsters in twentieth-century political imaginaries.
Indicative Bibliography
Adorno, T., Théorie esthétique, Paris, Klincksieck, coll. « esthétique », 2éme édition, 2001.
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Angenot, M., La Parole pamphlétaire, Paris, Payot, 1982.
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Bailly, J.-C., L’Élargissement du poème, Paris, Christian Bourgois, 2015.
― Le versant animal, Paris, Bayard, 2007.
Baltrušaitis, J., Il Medioevo fantastico. Antichità ed esotismo nell’arte gotica, Milano, Adelphi, 1973.
Baratay, E., Biographies animales. Des vies retrouvées, Paris, Seuil, 2017.
Bartholeyns, G., Dittmar, P-O., Jolivet, V., Image et transgression au Moyen Age, Paris, PUF, 2008.
Baschet, J., L’Iconographie médiévale, Paris, Gallimard, 2008.
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Biagini, E., Nozzoli, A. (dir.), Bestiari del novecento, Milano, Bulzoni, 2001.
Bretet, C., Pozzuoli, A., Le Bestiaire des écrivains, Paris, Les Belles Lettres, 2001.
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Dittmar, P.-O., L’Invention de l’animal, Paris, Gallimard, 2026.
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Frémond, É., Le Surréalisme au grand air, t. I Écrire la nature, Paris, Classiques Garnier, 2016.
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Haraway, D., Primate visions: gender, race, and nature in the world of modern science, London, Routledge, 1989.
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Monnin, F. Le Collage. Art du vingtième siècle, Paris, Éditions Fleurus, 1993.
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Bestiari modernisti e d’avanguardia
Sopravvivenze del bestiario medievale latino e romanzo nella letteratura e nelle arti europee del XX secolo
A cura di Benjamin Loy (Ludwig Maximilians Universität München), Francesca Quey (Università di Torino), Anne Simon (Centre national de la recherche scientifique, École Normale Supérieure-PSL, Paris)
Invito a contribuire
CoSMo: Comparative Studies in Modernism (pubblicazione prevista per giugno 2027)
Gli abstract, della lunghezza massima di 1.500 caratteri, corredati da una breve nota biografica, dovranno essere inviati entro il 15 dicembre 2026 all’indirizzo della redazione: centrostudiartimodernita@gmail.com. La comunicazione relativa all’eventuale accettazione sarà inviata entro il 15 gennaio 2027. I contributi, della lunghezza massima di 30.000 caratteri, dovranno pervenire alla redazione entro il 15 aprile 2027. I contributi potranno essere presentati nelle seguenti lingue: francese, italiano, inglese.
Nella storia della letteratura medievale, il bestiario designa generalmente un’opera che descrive le caratteristiche reali o immaginarie di diversi animali, allo scopo di trasmettere insegnamenti morali e religiosi (Zambon, 2018; Pastoureau, 2024). Lungi dall’essere confinato al Medioevo o dall’essere progressivamente sostituito dai saperi naturalistici moderni, il bestiario conosce nel corso dei secoli trasformazioni e riappropriazioni continue. Ogni epoca sembra infatti elaborare i propri bestiari, non soltanto nella dimensione narrativa e poetica, come «forma letteraria incentrata sugli animali» (Biagini 2001, 13), ma anche in un’accezione più ampia di raccolta di animali che comprende la pittura, la scultura, il cinema e, più in generale, le arti.
Il numero di CoSMo Bestiari modernisti e d’avanguardia intende studiare le forme di sopravvivenza, trasformazione e riappropriazione del bestiario medievale nella letteratura e nelle arti europee del XX secolo, con particolare attenzione alle avanguardie e ai modernismi. L’obiettivo è interrogare la persistenza del modello del bestiario medievale al di là della sua forma tradizionale: quali strutture, quali principi, quali pratiche e quali immaginari medievali vengono ripresi, deformati, frammentati o sovvertiti dagli scrittori e dagli artisti del XX secolo? Il bestiario moderno non costituisce infatti né una semplice ripresa del modello medievale, né una sua versione secolarizzata. Esso sembra piuttosto riattivare un modello di conoscenza e di organizzazione della realtà, un dispositivo cosmologico e mentale fondato sulla relazione tra forme di vita, analogie, classificazioni e corrispondenze (Zambon, 2018; Deschamps, Roy, 1974). Nelle opere delle avanguardie e dei modernismi, tale dispositivo è tuttavia sottoposto a una trasformazione radicale (Frémond, 2025; Mathews, Kay, 2020). La struttura organica, classificatoria e didattica del trattato medievale lascia spazio a forme disperse, ibride, polimorfe e spesso inclassificabili. Il bestiario attraversa la poesia e la narrativa, ma anche i manifesti, le riviste, le scritture collettive, i libri d’artista, la pittura, la scultura e il cinema. Salvo alcune eccezioni, il termine stesso di «bestiario» non compare necessariamente nelle opere. Ciò che sopravvive sono piuttosto tracce, strutture, procedimenti e immagini, che vengono risemantizzati all’interno di nuovi regimi estetici, epistemologici e politici. Il lessico medievale può così lasciare spazio a nozioni quali microcosmo, ménagerie, vivarium o circo, indicando non tanto la scomparsa del bestiario quanto la sua profonda riconfigurazione.
L’emergere del bestiario moderno si inscrive nel contesto delle profonde trasformazioni storiche e culturali che caratterizzano il «breve XX secolo» (Hobsbawm, 1994): l’ascesa dei fascismi europei, le due guerre mondiali, le tensioni sociali e politiche, la trasformazione dei linguaggi e l’emergere delle avanguardie letterarie e artistiche (Asor Rosa, 2004). In questo contesto, il bestiario viene sconvolto, diversificato e reinventato. Le opere sono popolate da animali reali e immaginari, esseri ibridi, creature teratomorfe e forme di vita difficilmente classificabili. Si costituiscono così bestiari d’autore e bestiari collettivi, legati tanto agli immaginari individuali quanto alle poetiche condivise dei movimenti artistici e letterari. Il numero propone di considerare il bestiario non come una semplice compilazione di figure animali, ma come una delle categorie e dei metodi letterari e artistici sperimentali attraverso i quali le avanguardie e i modernismi elaborano le proprie risposte alle crisi del XX secolo. Il bestiario può essere inteso, in questa prospettiva, come un intercettore di crisi: uno spazio nel quale convergono e vengono rielaborate tensioni politiche, sociali, estetiche, filosofiche ed epistemologiche. La presenza animale permette infatti di mettere in discussione le gerarchie tra le specie, la centralità dell’umano e i confini tra umano e non umano. Il bestiario moderno partecipa così alla crisi dell’antropocentrismo e può essere letto in relazione alla messa in discussione politica delle identità.
Una delle questioni centrali del numero riguarda il rapporto tra bestiario e sperimentazione formale. La trasformazione dell’immaginario animale sembra infatti accompagnarsi a una trasformazione della struttura stessa dell’opera e del linguaggio. L’integrazione di forme di vita non umane può comportare una riconfigurazione della sintassi, del lessico e della morfologia testuale, nel tentativo di dare forma a ciò che eccede le categorie tradizionali del linguaggio umano (Simon, 2021). La questione del bestiario diventa dunque anche una questione di poetica e di stile: in che modo la presenza dell’animale modifica le forme del testo? Può esistere un bestiario non soltanto rappresentato, ma inscritto nella sintassi, nel ritmo e nella stessa materialità della scrittura? Analogamente, nelle arti visive, la proliferazione di animali e creature ibride contribuisce alla costruzione di nuovi regimi dello sguardo (collage, libri d’artista, ecc.).
Il numero intende inoltre interrogare il bestiario nella sua dimensione epistemologica. Più che un semplice repertorio di animali, esso può essere considerato una forma di organizzazione del sapere. Analogia, classificazione, corrispondenza, nominazione e interpretazione simbolica costituiscono alcuni dei principi attraverso i quali il bestiario medievale organizzava il rapporto tra mondo naturale, linguaggio e sapere. Le avanguardie e i modernismi possono aver ripreso tali principi trasformandoli in strumenti di sperimentazione e sovversione. Particolare attenzione potrà pertanto essere dedicata alla ricezione di autori, artisti e tradizioni medievali mobilitati dalle avanguardie come risorse di rinnovamento estetico e concettuale: da Uccello a Bosch, da Flamel a Meister Eckhart, nonché alle biblioteche personali, ai materiali di lettura, alle citazioni e alle pratiche di ricezione attraverso le quali il Medioevo viene reinventato dalla modernità.
Particolare attenzione potrà inoltre essere rivolta alle opere di scrittrici e artiste che utilizzano figure umano-animali, metamorfosi e ibridazioni per mettere in discussione i modelli tradizionali della femminilità. Le opere di Leonora Carrington, Claude Cahun e Unica Zürn, tra le altre, mostrano come l’animalità possa diventare uno strumento di contestazione dei ruoli di genere e dei dispositivi di disciplinamento del corpo. La creatura ibrida, il corpo metamorfico e l’interazione con l’animale permettono di immaginare soggettività e corporeità alternative, mettendo in crisi le categorie identitarie consolidate.
I contributi potranno affrontare il tema secondo prospettive letterarie, artistiche, comparatistiche, storiche e interdisciplinari. Gli assi proposti non sono esaustivi.
— Sopravvivenza e risemantizzazione del bestiario medievale: persistenze della tradizione medievale latina e romanza nelle avanguardie e nei modernismi; ripresa di autori, testi e immagini medievali.
— Il bestiario come strategia sperimentale creativa: bestiario e programmi delle avanguardie; bestiari d’autore e bestiari collettivi; il bestiario come dispositivo di provocazione estetica, politica e ideologica.
— Repertori animali e funzioni critiche: specie ricorrenti e repertori faunistici; animali reali e immaginari; metamorfosi e ibridazione; crisi dell’antropocentrismo; critica dello specismo; animalità e classi sociali; postcolonialismo.
— Bestiario, genere e corporeità: bestiari femminili; figure umano-animali e decostruzione dei ruoli di genere; animalità e nuove soggettività.
— Iconografia ed estetica: iconografie animali tra Medioevo e modernità; sopravvivenze e riprese medievali nelle arti del XX secolo; arti decorative, design, moda, artigianato, collage, libri d’artista; cinema, arti sceniche (music-hall, circo…) e immaginari animali; fantastico, grottesco, satira.
— Bestiari sintattici e sperimentazione linguistica: animalizzazione della scrittura; lessico, neologismi e nominazione; morfologia testuale; zoopoetica e stilistica.
— Il bestiario moderno come modello epistemologico: organizzazione del sapere; metamorfosi, migrazione, mimetismo e ibridazione; nuovi regimi della conoscenza.
— Bestiario e crisi: bestiario e fascismi; fauna della guerra e della catastrofe; bestia e mostro nell’immaginario politico del XX secolo.
Bibliografia indicativa
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